Édition · jeudi 17 septembre 2026 · N°160
La commune au cœur du temps éducatif

Le périscolaire devient un levier communal d’égalité filles-garçons

Loin d'être un simple prolongement logistique de l'école, le périscolaire est un espace administré par les communes. Les choix d'encadrement, de formation et de partenariat local y déterminent la portée effective des politiques d'égalité.

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Égalité filles-garçons au périscolaire — le périscolaire devient un levier communal d'égalité filles-garçons

Le temps périscolaire relève d’abord d’une organisation municipale : horaires, activités, recrutements, relations avec les associations, restauration ou accueil du mercredi. Cette compétence place les communes à un point de passage décisif entre la politique nationale d’éducation et les pratiques quotidiennes des enfants. Selon une étude de l’Injep, neuf élèves de maternelle et de primaire sur dix fréquentaient régulièrement ces accueils en 2024.

Dans cette configuration, l’égalité filles-garçons au périscolaire ne dépend pas seulement d’orientations ministérielles. Elle se traduit dans la répartition des activités, la façon dont les équipes encadrent les groupes, les outils mis à leur disposition et les critères retenus dans les conventions avec les opérateurs associatifs. La question est donc aussi institutionnelle : qui définit le cadre, qui finance les actions et qui vérifie leur mise en œuvre ?

La réforme des rythmes scolaires engagée en 2013 a accru la place éducative attribuée à ces temps hors classe. Depuis, plusieurs dispositifs ont étendu les objectifs de prévention des discriminations et des violences sexistes et sexuelles à l’animation. Les contenus de formation du BAFA ont notamment été complétés en 2023 sur ces enjeux. Depuis 2025, les animateurs doivent aussi produire une attestation d’honorabilité afin de permettre le contrôle de l’absence de condamnations incompatibles avec l’exercice auprès de mineurs.

L’égalité filles-garçons au périscolaire, une compétence à organiser

Les communes disposent d’une large liberté pour organiser les accueils avant et après la classe, pendant la pause méridienne, les vacances ou le mercredi. Cette souplesse permet l’adaptation aux contraintes locales, mais elle produit aussi des écarts de capacité entre collectivités. Une grande ville peut mobiliser des services dédiés, financer des formations et commander des évaluations. Une commune plus petite dépendra davantage des compétences de son intercommunalité, de la caisse d’allocations familiales ou des associations présentes sur son territoire.

Le Projet éducatif territorial, ou PEdT, constitue l’instrument de coordination le plus directement mobilisable. Il rassemble la collectivité, les écoles, les familles, les associations et, selon les cas, les services de l’État autour d’objectifs communs. Son intérêt n’est pas seulement déclaratif : il peut intégrer des engagements précis sur les activités proposées, l’accès de tous les enfants aux équipements, la sensibilisation des personnels et les modalités de signalement.

La note de service du 8 avril 2026 consacrée à la continuité éducative encadre une nouvelle génération de PEdT et prévoit des actions de prévention. Cette évolution donne un support administratif aux collectivités qui souhaitent formaliser l’égalité filles-garçons au périscolaire, plutôt que de la laisser à des initiatives ponctuelles d’équipes ou d’associations.

Du cadre national aux moyens locaux

Le plan interministériel pour l’égalité entre les femmes et les hommes 2023-2027 prévoit de diffuser cette culture à l’école, autour de l’école et hors de l’école. Mais la portée d’un tel objectif se joue dans le financement et l’ingénierie locale. Former les animateurs suppose du temps, des remplacements et des prestataires qualifiés ; produire des ressources adaptées exige une coordination durable avec les associations d’éducation populaire.

Le Fonds d’expérimentation pour la jeunesse, piloté par l’Injep, soutient pour la période 2024-2027 des projets consacrés à ces pratiques. Grenoble et Clamart font partie des collectivités engagées dans ce cadre. L’enjeu n’est pas de créer une activité isolée consacrée aux stéréotypes, mais d’examiner l’ensemble de l’offre : occupation des cours, choix des jeux et des ateliers, distribution de la parole, accès aux pratiques sportives et culturelles, relation avec les familles.

Les associations assurent souvent une part substantielle de l’exécution des accueils périscolaires. Elles deviennent donc des acteurs déterminants de l’égalité filles-garçons au périscolaire. Les marchés, subventions ou conventions qui les lient aux communes peuvent fixer des exigences sur la qualification des intervenants, la prévention des violences et le suivi des actions. C’est à ce niveau que les objectifs éducatifs entrent dans la commande publique et dans l’organisation concrète des services.

Prévenir sans réduire le périscolaire à un contrôle

La prévention des violences sexuelles et sexistes donne à cette politique une dimension de protection des mineurs. Elle ne se résume toutefois ni à l’attestation d’honorabilité ni à une procédure de signalement. Ces garanties sont nécessaires, mais elles ne remplacent pas la formation des adultes, l’identification des comportements à risque et la capacité des responsables locaux à intervenir rapidement.

Des villes ont déjà élaboré leurs propres guides à destination des équipes. La Ville de Paris, par exemple, a publié un guide de ressources sur les actions d’éducation à l’égalité. Ces outils peuvent être utiles à condition d’être intégrés à une politique suivie : diagnostic des pratiques, formation, dialogue avec les opérateurs et évaluation. Sans cette chaîne, l’égalité filles-garçons au périscolaire reste une intention générale ; avec elle, elle devient un critère de qualité du service municipal rendu aux familles.

La montée en puissance du PEdT de deuxième génération ouvre ainsi un espace de comparaison entre collectivités. Elle rend plus visible une réalité souvent dispersée entre écoles, associations et services municipaux : les choix effectués hors de la classe participent eux aussi à la fabrication des inégalités ou, au contraire, à leur correction précoce.

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