À la une Décryptage · Brésil, affaires et pouvoir
Brésil : JBS, le Mercosur et les réseaux d’influence derrière la réélection de Lula
C’est un géant brésilien dont les réseaux d’influence interrogent au lendemain de la réélection de Lula. Contrôlé par les frères Batista, JBS, premier producteur mondial de protéines animales, entretient des liens historiques avec les cercles du pouvoir brésilien et dispose de relais jusqu’à Washington. L’accord UE-Mercosur, soutenu par Lula, pourrait rapporter gros à ce mastodonte de l’agroalimentaire.
Lire l'article 6 min
Premier producteur mondial de viande, JBS figure parmi les grands bénéficiaires potentiels de l’accord entre l’Union européenne et le Mercosur. Ses propriétaires, les frères Batista, entretiennent depuis des années des relations étroites avec les cercles du pouvoir brésilien et disposent de relais jusqu’à Washington. Après la réélection de Lula, une question mérite d’être examinée : jusqu’où les intérêts économiques du géant agroalimentaire ont-ils pesé dans la séquence politique brésilienne ?
La victoire de Luiz Inácio Lula da Silva, le 25 octobre 2026, n’est pas seulement un événement politique. Elle intéresse directement les grandes multinationales brésiliennes, dont certaines ont beaucoup à gagner de la continuité des orientations commerciales du président.Au premier rang figure JBS, le géant mondial des protéines animales, contrôlé par la famille Batista. Un groupe qui emploie plusieurs centaines de milliers de personnes dans le monde, opère sur les principaux continents et entretient depuis des décennies des relations complexes avec l’État brésilien.
L’enjeu est considérable : l’accord commercial UE-Mercosur, soutenu par Lula, ouvre de nouvelles perspectives aux exportateurs sud-américains de viande. JBS dispose précisément de la taille, des infrastructures et des réseaux commerciaux nécessaires pour en tirer profit.Cette convergence d’intérêts invite à examiner les réseaux d’influence qui relient les grands groupes industriels aux pouvoirs politiques.
Le principal enjeu porte sur le traité entre l’Union européenne et le Mercosur. Signé en janvier 2026 et appliqué provisoirement depuis le 1er mai, l’accord prévoit notamment un contingent de 99 000 tonnes de viande bovine bénéficiant d’un droit de douane réduit à 7,5 %, ainsi que 180 000 tonnes de volailles pouvant progressivement accéder au marché européen sans droits de douane.
