C’est un géant brésilien dont les réseaux d’influence interrogent au lendemain de la réélection de Lula. Contrôlé par les frères Batista, JBS, premier producteur mondial de protéines animales, entretient des liens historiques avec les cercles du pouvoir brésilien et dispose de relais jusqu’à Washington. L’accord UE-Mercosur, soutenu par Lula, pourrait rapporter gros à ce mastodonte de l’agroalimentaire.
Et si le commerce était plus puissant que les canons ? Premier prix Nobel de la paix en 1901, l’économiste français Frédéric Passy défendait une conviction révolutionnaire pour son époque : la prospérité des nations ne se construit pas par la conquête militaire, mais par le travail, la production et les échanges. À l’heure où l’économie est devenue une arme au service des rivalités géopolitiques, sa pensée invite à reconsidérer les rapports entre richesse, puissance et guerre.
Starlink est au cœur d’un bras de fer entre Washington et Bruxelles. Les États-Unis menacent les entreprises européennes de représailles économiques si l’Union européenne limite l’accès de SpaceX à certaines fréquences satellitaires.
La prochaine bataille de la souveraineté européenne ne se jouera pas sur un terrain de guerre ou dans une usine de chars. Elle se gagnera dans l’obscurité des data centers. L’armée française l’a bien compris : en développant sa propre IA militaire, elle se donne les moyens d’accroître son efficacité opérationnelle et son indépendance technologique. Face à la tutelle numérique américaine et la mainmise de Palantir sur l’OTAN, la conquête de l’autonomie stratégique passe plus que jamais par le contrôle et l’exploitation des données.
Héritage d’une vision dépassée du libre-échange, l’accord UE-Mercosur révèle les ambiguïtés de la stratégie européenne, tiraillée entre intérêts industriels, souveraineté agricole et dépendances stratégiques. À l’heure de la guerre économique, l’Europe doit en tirer les leçons et repenser sa doctrine commerciale.
Depuis février 2022, la Russie a transformé ses hydrocarbures en instruments de financement, de pression et de négociation diplomatique. Malgré les sanctions occidentales, Moscou a réorienté ses exportations vers l’Asie, préservé une partie de ses revenus et exploité les tensions sur les marchés mondiaux. L’accord annoncé le 9 octobre entre Donald Trump et Vladimir Poutine sur les livraisons de diesel russe illustre une nouvelle dimension du conflit : quatre ans et demi après l’invasion de l’Ukraine, les contraintes énergétiques américaines peuvent offrir au Kremlin un levier de négociation. Une démonstration des contradictions de la guerre économique occidentale.
Longtemps convaincue que le libre-échange constituait sa meilleure protection, l’Union européenne envisage désormais de faire de son marché intérieur une arme de puissance. Le 5 octobre, Emmanuel Macron et Friedrich Merz ont proposé à Bruxelles un dispositif inédit permettant de frapper rapidement les économies accusées de fausser la concurrence, jusqu’à leur fermer certains débouchés européens. Derrière cette initiative franco-allemande, une cible évidente : la Chine. Mais l’Europe peut-elle engager un rapport de force commercial avec Pékin sans mettre en péril ses propres intérêts industriels ?
La dépendance aux terres rares est devenue une arme géopolitique. Pékin l’a bien compris : en contrôlant une part essentielle de leur production et de leur transformation, la Chine dispose d’un levier stratégique sur les industries européennes.
L'Europe sait ce qu'elle veut produire en 2030. Elle n'a pas dit à quel prix. Entre un objectif de transformation fixé à 40 % de sa consommation et la réalité d'un marché où le premier raffineur mondial peut peser sur les cours, il manque le chaînon qui décide de tout : la garantie qu'une raffinerie construite en Europe trouvera un acheteur à un prix soutenable. Les États-Unis, eux, ont tranché.
Par La rédaction · 10 min
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